Elsa Zorkow

Notes d'interview
Créer est un processus permanent en moi. Au début, il y a un regard, un mouvement, une odeur,
un bruit, une blessure, une tache de couleur qui déclenche ce processus
Dans ma vision
intérieure, couleurs, images se mêlent aux émotions et se fondent. Les
vibrations intérieures changent les couleurs, dynamisent les
structures. Cela vit en moi des jours, des semaines, des années.
Trois, quatre, cinq tableaux cohabitent ainsi en gestation enrichis
chacun par le vécu quotidien
Tout d'un coup, tout
cela sort, les tableaux sont aux trois quarts terminés. Je travaille
aussi en musique, avec la musique d'aujourd'hui parce qu'elle est en
complicité avec ma peinture. Elle m'aide à laisser passer l'énergie du
cosmos et à la transmettre. J'aime beaucoup le texte d'André
Tarkovski:
"J'ai l'impression que
si l'art a un devoir, c'est de rappeler à l'homme qu'il est un être
spirituel, parti d'un esprit infiniment grand auquel il retourne en
fin de compte."
A travers le temps
Berlin, décembre 1938,
un père russe polonais et une mère française allemande donnent le jour
à Elsa Eliza Wieczorkowski.
Elle sera élevée dans un
environnement de peintres à Oberstdorf, en Allemagne dans les
montagnes bavaroises avec Raddatz, Eckersberger,... Ceux-ci marqueront
son enfance et l'encourageront à peindre en autodidacte pendant le
temps de ses études en droit et sa vie de famille avec son mari et ses
deux enfants. Elle travaille mais peint de plus en plus, elle
recherche les voyages et la découverte d'autres mondes, d'autres
images, New York, Israël, la Grèce, le Japon, la Tunisie, le Canada,
l'Afrique du Sud sont tant d'impressions qui débouchent sur sa
première exposition au centre Medicis en 1985.
A partir de cette date
les choses vont de plus en plus vite, la peinture prend le pas sur
tout le reste. Elle s'inscrit à Sint Lukas au cours de sculpture et de
peinture, parallèlement elle complète sa formation en dessin,
peinture, peinture monumentale et lithographie à Anderlecht.
En 1988, elle enseigne
la peinture à l'huile aux ateliers Malou à Bruxelles et c'est en 1991
qu'elle ouvre sa propre école de peinture pour enseigner à ses élèves
l'art de transmettre les sentiments intérieurs.
Une symphonie d'une spiritualité mystérieuse
La peinture d'Elsa Eliza
Wieczorkowski s'affiche résolument proche de l'abstraction et de la
liberté sauvage, d'une gestualité qui n'entend obéir à aucune
contrainte.
La forme, pour
l'artiste, n'a qu'une importance fort relative. Elle est une
indication très fragmentaire, très approximative, une sorte de
notation brève, d'aide mémoire, par elle seule déchiffrable, autour de
laquelle elle déferle, de déplace et se défoule. Elsa Eliza
Wieczorkowski voit grand et peint vite, à l'acrylique. Ses toiles
dépassent tous les formats moyens, et vont chercher entre 1m x 1.10m
et 3m x 1.50m. Elles sont cependant sans lourdeur. Une profonde
vibration les anime, qui leur donne une allure extrêmement légère.
Elles sont comme portées par la grâce. Elles ne nous racontent pas des
histoires, mais nous font partager des émotions. Celles de l'artiste
elle-même, généreuse de ses états d'âme. Elles n'appartiennent pas au
climat de la peinture féminine, comme on l'entend généralement. Elles
ont à la fois de l'assurance, le goût de secouer les torpeurs et le
pouvoir de susciter les épanchements.
Elsa Eliza Wieczorkowski
possède, à côté de beaucoup de fantaisie, le don inné de la couleur.
On lui permettrait tous les écarts de langage pour le raffinement de
ses tons d'une matité extrêmement délicate. Vert pâle, gris, jaune,
bleu, rose, blanc se mêlent, s'épaulent, tourbillonnent, ébauchant
autour de l'amorce d'un personnage assez vague, une symphonie d'une
spiritualité mystérieuse qui dégage la peinture de tous les impératifs
de la forme, et la porte à un haut degré d'émotionnel et d'impulsif.
Les oeuvres de 1990 -
1991 sont assorties de titres plus indicatifs que significatifs, et
nous présentent tantôt "Le rêve de M.Dupont" et "Dame Tulipe", ou
"Danse avec les loups" et "Paysage de Japon", ou encore, entre bien
d'autres, un diptyque consacré à une composition aux nymphéas en vue
plongeante, sont avant tout des études, exécutées rapidement dans
l'élan d'une inspiration à la fois désinvolte et volontaire.
L'artiste recourt
souvent à la technique du collage. Mais il s'agit de collages
provenant de ses propres oeuvres, dont elle déchire des fragments qui
lui conviennent, pour une création nouvelle où ils s'intègrent fort
habilement.
La démarche d'Elsa Eliza
Wieczorkowski déborde largement de ce qui nous est montré aujourd'hui.
Elle dessine, enseigne, peint à l'huile, sculpte en usant de la cire
perdue ou en assemblant des pièces métalliques de rencontre, qu'elle
colorie fréquemment. C'est à dire qu'elle a, comme on a le diable,
l'art au corps, et que l'intensité de ses élans ne peut laisser
personne indifférent.
Transmission par la peinture
La nature intérieure est
pour Elsa Eliza Wieczorkowski beaucoup plus important que la nature
extérieure.
L'artiste est
philosophiquement très engagée et essaye de transmettre ce message
dans sa peinture. Dans ses oeuvres on peut remarquer que le cercle est
très souvent employé comme composition, c'est à dire comme symbole
ésotérique du serpent qui se mord la queue, afin de fermer le cercle
de l'éternité.
L'emploi des couleurs
est suggestif, émotionnel et impulsif. Dans ses techniques mixtes et
collages, elle ne crée pas seulement une polarité entre les sentiments
et la connaissance directe mais incorpore aussi le facteur temps.
Le spectateur n'est pas
supposé regarder son tableau d'un coup d'oeil mais au contraire de la
suivre morceau par morceau.
Elsa Eliza Wieczorkowski
est une artiste à part entière, apprécier son oeuvre c'est suivre le
chemin de son évolution.
Expositions
1985 - Centre Medicis, Bruxelles, Belgique
1987 - Hôtel de Ville de Bruxelles, Belgique
1988 - Centre d'Art au Goddiarche, Villers la Ville, Belgique
1988 - Rijksplantologische Instituut, La Haye, Pays Bas
1988 - Maison des Arts du Rouge Cloître, Bruxelles, Belgique
1989 - Kunstcentrum, Anderlecht, Bruxelles, Belgique
1989 - Mercedes - Peinture monumentale, Bruxelles, Belgique
1989 - Mikroworld, Munchen, Allemagne
1989 - Kobe, Japon
1989 - Hôtel de Ville, Bruxelles, Belgique
1990 - Kunstzentrum, Trêves, Allemagne
1991 - Galerie à Deux, Bruxelles, Belgique
1991 - Artpool, Bruxelles, Belgique
1991 - Kunstzentrum, Trêves, Allemagne
1991 - Maison Communale de Schaerbeek, Bruxelles, Belgique
1992 - Biennale de la femme, Grand Palais, Paris, France
1992 - CGER, Bruxelles, Belgique
1993 - Galerie Horizons, Bruxelles, Belgique
1994 - Shop-Art, Munchen, Allemagne
1994 - Salon d'Artistes, Mechelen, Belgique
1994 - Galerie Zeedijk 686, Knokke, Belgique
Prix
1987 - Premier prix d'aquarelle, Centre d'art d Rouge Cloître, Bruxelles, Belgique
1989 - Premier prix de peinture à l'huile, Kobe, Japon
Etudes artistiques
Avant 1985 - Sint Lukas Hooger Institut, Bruxelles, Belgique
1985-1987 - Peinture et sculpture
1985-1989 - Peinture - Hogere Rijkschool Van Anderlecht, Bruxelles, Belgique
1987-1990 - Dessin, lithographie et peinture monumentale
1990-1994 - Kunst Akademie (stages), Trèves, Allemagne
Expérience pédagogique
1988-1991 - Enseigne aux ateliers créatifs, dessin et peinture
1988-1991 - Atelier G Malou asbl, Bruxelles, Belgique
1991 - Ouvre sa propre école à Bruxelles
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